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Ça s’est passé un 21 février.

Le 21 février 2026, Lyon tremblait sous les slogans d’une manifestation d’extrême droite autorisée par les autorités. Elle est organisée par des groupuscules identitaires en hommage à Quentin Deranque, militant identitaire nationaliste, cette marche a réuni plusieurs groupuscules radicaux venus de plusieurs régions. Dès les premières heures, la préfecture du Rhône relevait des propos ouvertement racistes et xénophobes scandés dans les rues, saisissant immédiatement la justice pour enquêter sur d’éventuels délits de provocation à la haine.

Un climat politique miné par la banalisation de la haine

Ce rassemblement survient à quelques mois des élections municipales de 2026, dans un paysage politique français en pleine recomposition. Le durcissement du débat public s’accompagne d’une légitimation progressive de discours discriminatoires, jusque dans les hémicycles et certains plateaux télévisés. La frontière entre droite dure et extrême droite s’effrite à vue d’œil : alliances locales tactiques, positions communes sur l’immigration ou l’identité nationale rendent acceptables des idées et des mots qui, il y a encore peu, faisaient l’unanimité contre eux.

Médias et fracture identitaire : le rôle des amplificateurs

Dans ce contexte, certains médias et chroniqueurs jouent un rôle clé. En relayant sans filtre des thèmes identitaires, insécurité culturelle, « grand remplacement », polémiques autour des minorités, ils contribuent à ancrer une vision fragmentée et anxiogène de la société française. Cette surenchère discursive, où l’« autre » devient systématiquement suspect, prépare le terrain à une polarisation accrue à l’approche du scrutin.

21 février 1981 : le meurtre raciste de Zahir Boudjellal

Pour saisir la récurrence de ces tensions, remontons au 21 février 1981. Dans le quartier populaire de la Busserine à Marseille, Zahir Boudjellal, adolescent de 17 ans, est abattu d’un coup de fusil par son voisin Michel Lebrun. Le motif officiel ? « Du bruit ». Ce prétexte fallacieux ne trompe personne : l’affaire est immédiatement perçue comme un crime raciste, d’autant que quelques mois plus tôt, Lahouari Ben Mohamed avait été tué par le CRS Jean-Paul Taillefer dans les mêmes quartiers nord. La famille de Zahir Boudjellal et ses voisins crient à l’injustice lorsque Lebrun écope d’une peine de prison étonnamment clémente.

Naissance d’un combat associatif

Ces drames catalysent une mobilisation inédite. Collectifs de quartier, familles des victimes et associations comme l’Association des Femmes Maghrébines en Action se structurent pour dénoncer l’impunité face aux crimes racistes. Zahir Boudjellal devient un symbole fort, dont la mémoire perdure encore aujourd’hui lors des rassemblements marseillais contre la haine, souvent associé à celui d’Ibrahim Ali.

1995 : Ibrahim Ali, victime du FN en campagne présidentielle

Le 21 février 1995 résonne d’une autre tragédie. La France s’apprête à voter pour la présidentielle, dans un climat électrique marqué par la percée du Front national de Jean-Marie Le Pen. À Marseille, avenue des Aygalades dans le 15e arrondissement, Ibrahim Ali, 17 ans, lycéen et membre du groupe de rap militant B. Vice, rentre d’une répétition. Il croise trois militants FN, Robert Lagier, Mario d’Ambrosio et Pierre Giglio, en train de coller des affiches électorales. Armés, ils ouvrent le feu à neuf reprises. Touché dans le dos, Ibrahim succombe rapidement.

Une mémoire qui défie l’oubli

En ce 22 février 2026, alors que les échos de la marche lyonnaise retombent à peine, ces affaires historiques rappellent la persistance des fractures racistes en France. Zahir Boudjellal, Ibrahim Ali et tant d’autres symbolisent une jeunesse fauchée par la violence haineuse, mais aussi une exigence intacte de justice et d’égalité.

État des lieux plus de 40 ans après

C’est de Lyon, aux Minguettes à Vénissieux, que l’idée de la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983 est partie, sous l’impulsion de Toumi Djaïdja face aux violences policières et discriminations. Plus de 40 ans plus tard, le constat est accablant, le racisme, la bête immonde, est toujours là.

Persistance du racisme

Malgré cette marche qui a réuni plus de 100 000 personnes à Paris, le racisme persiste en France, alimenté les discours populistes.

Des rapports récurrents documentent les discriminations dans l’emploi, le logement et les contrôles au faciès.

Les banlieues, théâtre originel de la marche, restent marquées par la précarité et un sentiment d’exclusion.

Enjeux électoraux actuels

À l’approche des élections de 2027, la résurgence des idées xénophobes, portée par l’extrême droite, teste la démocratie française.

La Marche interroge, malgré la mobilisation citoyenne, la « bête immonde » risque de gagner du terrain, fragilisant l’égalité républicaine.

 

https://www.google.com/url?sa=t&source=web&rct=j&opi=89978449&url=https://www.liberation.fr/politique/a-la-marche-pour-quentin-deranque-a-lyon-plusieurs-figures-neonazies-francaises-identifiees-par-liberation-20260221_WKZBGVKNNVDCTPXOAOPYWSUEVQ/&ved=2ahUKEwijvc-ih-2SAxU4hv0HHceAK8EQvOMEKAB6BAgZEAE&usg=AOvVaw2QI4JwHMUvTslBLz9A4VnL

https://www.franceinfo.fr/faits-divers/mort-de-quentin-militant-identitaire-agresse-a-lyon/ce-que-l-on-sait-de-la-marche-d-ultradroite-organisee-samedi-a-lyon-en-hommage-au-militant-identitaire-quentin-deranque_7818287.html

https://www.laprovence.com/article/region/1101105632101215/combien-d-ibrahim-ali-avant-qu-on-se-reveille-une-tribune-pour-commemorer-la-mort-du-jeune-marseillais

https://www.persee.fr/doc/homig_1142-852x_1992_num_1158_1_1890

Mise à jour :mardi 24 février 2026
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